La Malédiction de la zone de confort, coup de coeur de la critique !

livre 3D

 

« Savoureux (…) De la gaieté déjantée. » France Bleu

« Drôle, intelligent, émouvant, captivant. » Le Figaro.fr

« On accepte avec bonheur cette « déclaration d’amour à la comédie romantique », on découvre que sous l’apparente futilité du genre peuvent se glisser de la complexité et de la subtilité. » On la lu

« Intelligent et drôlissime. » Scénario Buzz

« Un bon gros livre doudou qui donne envie de (re)tomber amoureuse et de premiers baisers. » Mille et une frasques

« Ce roman se lit comme on regarde un film. » Marie lit en pyjama

« La malédiction de la zone de confort marque clairement l’éclosion d’une véritable auteure de Comédie Romantique. » Les chroniques d’Holly

« Le genre de scénario qui n’arrive que dans les séries. » Lubie en série 

« Un récit dont on ressort léger et heureux. » Des livres, des fils et un peu de farine…

« Ce livre est un énorme coup de coeur. » Évasions littéraires

« Le livre feel good par excellence. » Songe d’une nuit d’été

« Le roman qui rend le coeur léger. » A cup of Autumn

« C’est fin, c’est drôle, c’est extrêmement intelligent et terriblement authentique. » Psych3 Des Livres

« Ce livre est comme une potion magique. » De fil en histoire

« Une comédie romantique pleine de mordant à lire sous un plaid et avec un chocolat chaud à porté de main ! » Page 53

« Une écriture moderne et actuelle. » Popcorn and Gibberish

« Une comédie romantique idéale. » La Dory qui lit

« La personne qui a réussi le miracle de me faire adorer une comédie romantique (…) est Marianne Lévy. » Series Addict So What

« Un vrai régal. » The Lovely Teacher Addictions

« Un petit concentré de bonheur. » Carnet parisien

« Je n’avais pas autant ri et souri pendant une lecture depuis un bon moment. » Mon Paradis des livres

« Une superbe comédie romantique. » Smells Like Rock

« Une chouette aventure humaine. » Les lectures de Mylène

« Un très bon moment de lecture. » Les voyages littéraires

Les critiques aiment déjà La Malédiction de la zone de confort et elles l’écrivent !

livre 3D

 

« Savoureux (…) De la gaieté déjantée. » France Bleu

« Drôle, intelligent, émouvant, captivant. » Le Figaro.fr

« Intelligent et drôlissime. » Scénario Buzz

« Un bon gros livre doudou qui donne envie de (re)tomber amoureuse et de premiers baisers. » Mille et une frasques

« Ce roman se lit comme on regarde un film. » Marie lit en pyjama

« La malédiction de la zone de confort marque clairement l’éclosion d’une véritable auteure de Comédie Romantique. » Les chroniques d’Holly

« Le genre de scénario qui n’arrive que dans les séries. » Lubie en série 

« Un récit dont on ressort léger et heureux. » Des livres, des fils et un peu de farine…

« Ce livre est un énorme coup de coeur. » Évasions littéraires

« Le livre feel good par excellence. » Songe d’une nuit d’été

« Le roman qui rend le coeur léger. » A cup of Autumn

« C’est fin, c’est drôle, c’est extrêmement intelligent et terriblement authentique. » Psych3 Des Livres

« Ce livre est comme une potion magique. » De fil en histoire

« Une comédie romantique pleine de mordant à lire sous un plaid et avec un chocolat chaud à porté de main ! » Page 53

Quand je n’écris pas… j’écris : Hagai Levi

QUAND je n’écris pas… j’écris. Enfin, je regarde puis j’écris. Enfin, je me pince, je regarde puis j’écris. Depuis douze ans, mon job (je n’en reviens toujours pas) consiste à m’installer confortablement devant un écran, à piocher machinalement dans un sachet de chips Lay’s (saveur classic) et à me laisser emporter par les histoires magiques tout droit sorties des cerveaux prolifiques des génies du XXIe siècle : les créateurs de séries.

Des auteurs à qui je dois d’expérimenter les mille vies que je n’aurais jamais. Mais aussi celles qui naissent dans mes romans. Car ces gourous cathodiques m’ont appris à vivre mais aussi à écrire.

J’ai eu envie de partager ici avec vous mes plus belles rencontres.

Hagai Levi, le co-créateur de The Affair, a donné une master class en avril 2015 au Festival Séries Mania.

J’ai eu la chance de pouvoir réaliser un long entretien avec lui. Et de parler universalité, savoir-faire et littérature de Tel Aviv à Paris.

IMG_2529

The Affair © Showtime

 

Marianne Levy. Dans votre écriture, vous explorez toujours des enjeux universels à travers le prisme de l’intimité, pourquoi ce choix ?
Hagai Levi. Je suis effectivement toujours intéressé par des thèmes très universels mais, à l’instant où je les aborde, ils ont toujours une résonance très personnelle pour moi. Il ne s’agit pas de donner un point de vue de principe philosophique ou d’une autre nature sur ces enjeux. Chaque fois qu’on choisit d’aborder un thème très universel, il faut être extrêmement spécifique et, d’une certaine manière original, dans la manière dont on le traite. Car ce thème a déjà été traité de nombreuses fois dans chaque autre série, roman ou film… Je mets souvent très longtemps à trouver la bonne manière de le faire. Le plus souvent, la solution n’est pas l’histoire en elle-même mais le concept. Je me demande : « Comment vais-je faire ça ? » « Quelle forme convient le mieux à cet enjeu ? ».

Marianne Levy. Pour votre dernière série The Affair, la forme était donc plus importante au début de votre travail que le sujet en lui-même ?
Hagai Levi. L’idée que l’histoire allait examiner toute cette affaire à rebours était effectivement présente dès le début car je voulais dire quelque chose au sujet d’une liaison ou du mariage. Quelque chose qui était assez ironique : on peut fuir son mariage mais pas se fuir soi-même. On peut se remarier avec quelqu’un d’autre et se retrouver exactement dans la même situation. C’était là dès le début comme l’idée des perspectives différentes. C’était l’ADN de ce travail.

Je ne me prends pas au sérieux mais je prends la vie sérieusement 

Marianne Levy. Vous dites que vous écrivez des dramas parce que vous prenez la vie sérieusement. Diriez-vous que c’est la définition de drama ? Quel sens lui donnez-vous ? Mad Men s’achève cette semaine et Matthew Weiner prend aussi tout cela très sérieusement…
Hagai Levi. … Même si la fin de la série, en elle-même, est assez cynique, ne trouvez-vous pas ? La publicité et la méditation, hein ? Je suis quelqu’un d’optimiste mais cette conclusion m’a rendu très triste. Je considère que le monde de la publicité est très cynique et corrompu, donc l’idée qu’après un tel parcours c’est la seule chose que puisse faire Don Draper est très dévastatrice. Bien sûr, on peut l’interpréter de différentes façons mais il a un sourire très particulier, ne trouvez-vous pas ? Quoi qu’il en soit, je trouve que c’est une bonne définition. Je vais devoir y penser un peu plus pour pouvoir affirmer que c’est LA définition de drama. Je suis quelqu’un d’extrêmement non cynique vous savez. Je déteste le cynisme. Je pense que c’est horrible. Je pense aussi que certains des auteurs qui font de la comédie sont très cyniques. Il leur arrive de créer des séries formidables mais ils paient un prix. Un peu comme s’ils vivaient à côté de la vie en ne prenant rien au sérieux. D’un autre côté, les auteurs de drama peuvent avoir l’air ridicules tellement ils prennent leur vie au sérieux. Mais à choisir… Je ne me prends pas au sérieux mais oui, je prends la vie sérieusement. C’est différent.

Marianne Levy. Comment définiriez-vous le cynisme 
Hagai Levi. Pour moi, le cynisme consiste à nier le bon et l’âme dans la vie d’un individu. Le nier et en rire. Autrement dit, considérer qu’il n’existe rien de plus important que l’intérêt. House of cards est pour moi la série la plus cynique que je n’ai jamais vue et c’est pour cette raison que j’ai arrêté de la regarder après deux épisodes. D’ailleurs, ce genre de séries passe à côté de quelque chose car il leur manque le conflit très basique entre le bien et le mal. C’est simpliste, superficiel et pas très intéressant car en l’absence de ce combat intérieur, on ne peut pas s’identifier. C’est cela le cynisme pour moi. Nier l’existence de cette part presque divine chez tout être humain. Je ne veux pas donner l’impression d’être new age, religieux ou autre mais pour moi, en tant que personne, essayer quelque chose qui est plus grand et meilleur que moi, c’est l’essence de la vie. Se moquer de cela, c’est être cynique. Il arrive que l’on ait besoin de ça de temps en temps dans la vie. J’ai adoré Seinfeld qui a probablement été la série la plus cynique jamais écrite. Louis CK n’est pas cynique. Son écriture est très honnête et sincère contrairement à celle de Seinfeld. Il est donc possible d’être très drôle mais avec beaucoup de coeur. On ne devrait rire que de soi-même ou de très puissantes institutions. Mais si l’on se moque de la vie normale alors l’on rate quelque chose dans sa vie.

IMG_2530

Hagai Levi et Dominic West

 

Marianne Levy. Les formations d’écriture apprennent que le conflit oppose l’obstacle et la volonté. Dans votre travail le conflit semble avoir lieu entre le désir et la morale. Une forme plus spirituelle de conflit, moins mécanique…
Hagai Levi. Je n’y avais jamais pensé sous cet angle mais je pense que vous avez raison. C’est l’enjeu de la vie pour moi. C’est toute ma vie. C’est ce à quoi je me confronte et que j’essaye de comprendre. C’est très naturel. Il y a une autre définition qui est souvent utilisée et qui consiste à rechercher le conflit intérieur et inhérent à un personnage. Par exemple, un mafieux victime de crise de panique peut être l’objet d’une série entière alors que ce conflit n’a rien de technique. Si vous voulez nourrir cinq saisons, vous avez besoin de quelque chose de bien plus profond qu’un simple obstacle. Quelque chose de profondément inhérent au personnage afin que ce conflit puisse durer pendant de très nombreux épisodes. Quand vous avez un détective qui est tellement sensible qu’il ne peut pas supporter la mort, vous savez que vous tenez quelque chose. Comme dans True Detective. Comme dans Homicide dans laquelle les détectives s’effondrent encore et encore car ils ne peuvent plus affronter ces tragédies. Encore une fois, c’est ce que je recherche. Il s’agit toujours de la bataille morale. C’est tellement plus intéressant que quelqu’un qui veut quelque chose mais ne peut l’obtenir, n’est-ce pas ? Et quoi, ensuite ? On pourrait dire de The Affair que c’est un gars qui veut cette fille et qu’il y a un obstacle car il est marié et qu’elle est mariée. Mais pour moi, le point le plus intéressant est quand il arrive à l’avoir. Là, ça devient intéressant (rires).

Quand on utilise des archétypes cela nécessite énormément de travail de les casser

Marianne Levy. Vous utilisez des archétypes mais vous vous débrouillez pour ne jamais en faire des stéréotypes…
Hagai Levi. Je travaille le plus souvent sur des thèmes très universels et il est arrivé que, oui, au début les personnages soient des archétypes ou stéréotypes dans In Treatment ou The Affair. A partir de ce moment-là, il y a un long chemin à faire pour atteindre mon but principal qui est d’éviter les stéréotypes. C’est vraiment une question de boulot, vous savez. Souvent on attend d’un personnage qu’il fasse ci ou ça et vous vous décidez qu’il fasse le contraire. Quand on utilise des archétypes cela demande beaucoup de travail de les casser. J’en ai totalement conscience et ce n’est qu’une question de travail.

Marianne Levy. Cette conscience que vous avez, est-elle due au fait que vous avez étudié la psychologie ? 
Hagai Levi. Cela aide, c’est sûr. Vous avez plus d’outils à votre disposition. Mais même sans cela, cela devrait être important. La plupart du temps, les stéréotypes sont OK dans l’industrie de la télévision américaine. On en voit tellement mais comme c’est une industrie, les gens qui décident trouvent que cela n’a pas d’importance. C’est une bonne chose si cela a du succès. 99 % des séries sur les Networks sont basées sur des stéréotypes. Pour pouvoir les casser, il faut d’abord le vouloir, en fait. Il m’arrive de penser que c’est chez moi une question d’ego. Je déteste faire quelque chose qui a déjà été fait (rires) qu’il s’agisse d’un personnage, d’une forme ou d’un thème.

IMG_2531

© HBO

 

Marianne Levy. Pensez-vous qu’au bout du compte, l’écriture n’est que l’auteur lui-même et devrait l’être. Que c’est la seule manière d’atteindre une vérité et une authenticité. Ou, au contraire, le savoir-faire peut-il suffire ?
Hagai Levi. Je pense que l’on surestime le savoir-faire. Il y a tellement de séries que les gens qualifient de formidables alors que tout ce qu’on peut voir c’est qu’elles sont simplement très bien faites. Il n’y a aucun point de vue personnel, ni prises de position personnelles dedans. Donc, pour moi, le savoir-faire n’est pas très important. Vous pouvez faire des choses étonnantes avec, c’est vrai. Mais pourquoi perdrais-je mon temps à regarder quelque chose qui est juste très bien réalisé ? J’ai beaucoup mieux à faire. True Detective (saison 1) est un bon exemple. La série est très bien faite. Mais y-a-t-il quelque chose de nouveau dans son thème ? Je ne le crois pas.

Marianne Levy. Pourtant, Nic Pizzolatto met beaucoup de lui-même dans son écriture…
Hagai Levi. C’est intéressant. Je l’ignorais. Ecoutez, j’aime vraiment True Detective donc je ne veux pas dire du mal de la série. Mais lorsque l’on arrive aux derniers épisodes, à la solution, encore une fois, il s’est agit d’un serial killer. Il y a eu de nombreux moments de vérité dans la série mais la conclusion a été un peu décevante. Je pensais que j’allais apprendre quelque chose de nouveau sur le bien et le mal, la nature religieuse du Sud qui a un impact évident sur le paysage politique actuel ou l’âme américaine.

Marianne Levy. Quelles séries font plus que cela selon vous ?
Hagai Levi. La barre est toujours The Wire. Avec The Wire, qui n’était pas si bien réalisée que cela quand vous la regardez aujourd’hui  – ce que j’ai fait, je ne l’ai regardée qu’il y a deux ans, elle n’est pas aussi étonnamment faite que d’autres séries – vous voyez le monde différemment après. Et je ne crois pas qu’il y ait assez de cela à la télévision. Mad Men était comme ça. Rectify l’est aussi. La première étape pour réussir est de ne pas utiliser le genre. Il faut écrire autre chose. On dit que c’est l’âge d’or de la télévision. Je pense que c’est l’âge d’or du savoir-faire à la télévision, c’est sûr. Mais pas suffisamment dans son essence. La télé n’a pas rejoint la littérature où il y a tellement de variété. OK, il y a plein de romans policiers mais ils ne constituent qu’une petite part de la littérature. Il y a tellement de livres sur toutes sortes de sujets. Vous pouvez lire un livre et, waouh, vous vous sentez élevé et inspiré. Vous ne trouvez pas assez cela à la télévision.

Marianne Levy. Vous travaillez sur un film consacré à Etty Hillesum, pourtant le mal n’est pas un sujet intéressant pour vous. Cette femme a eu un parcours incroyable mais elle est morte assassinée dans un des endroits les plus diaboliques dans l’histoire de l’humanité, comment allez-vous aborder ce sujet ?
Hagai Levi. Tout d’abord, ce n’est pas que je ne suis pas intéressé par le mal. Simplement la fascination pour le mal de certaines séries américaines est très perturbante. Ils n’essayent pas d’explorer le mal, ils s’en amusent. C’est extrêmement regrettable selon moi. Cette femme a eu une manière très spécifique de gérer le mal. Ce film ne sera pas du tout sur l’Holocauste mais sur d’autres choses. C’est un film qui pose la question de comment rester un être humain dans chaque circonstance même les plus horribles. D’une certaine manière, c’est un film sur le renoncement. Elle aurait pu se rebeller mais a choisi un autre chemin. Un chemin qui peut se résumer ainsi : je peux être tellement autonome et autosuffisante que je me fiche des circonstances. Oui, le mal existe mais je ne gaspille pas mon énergie ou mon temps à la haine ou la revanche ou à penser à la revanche. J’essaye de construire quelque chose en moi qui est si fort que je peux tout surmonter. C’est comme cela qu’elle a supporté le mal. Elle a dit et répété : le mal est en nous pas à l’extérieur de nous, donc nous devons d’abord nous occuper de nous-mêmes pour l’effacer et, ensuite, le monde sera meilleur. Ce qui se passe à l’extérieur n’a aucune importance, c’est l’enjeu de ce travail. Et comme vous pouvez le comprendre, il est très difficile d’en faire un film. Donc, je me bats.

Titre : The Affair (2014 –    )
Créateurs : Hagai Levi et Sarah Treem
Cast : Dominic West, Ruth Wilson, Maura Tierney, Joshua Jackson
Chaînes : Showtime, Canal Plus séries (France)

© 2015-2017 Tous droits réservés Marianne Levy. Ne pas reproduire sans autorisation.