DCPS : Le premier jour du reste de leur vie 😊

NEWS du jour

Dress code et petits secrets & Dress code et petits secrets – l’aventure américaine

mes deux premiers romans ne sont plus disponibles en numérique pour une…

… très très très bonne raison ; )

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Les aventures de mes Parisiennes Capucine, Karine et Marjolaine paraîtront chez Pygmalion en 2019.

💃 Une double RomCom de Paris à New York 💃

***

Stay tuned

 

Je vis dans une #RomCom et vous aussi

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APRÈS LA pluie, le beau temps. Tout vient à point à qui sait attendre. Le temps guérit toutes les blessures. Le prince charmant finit par débarquer à cheval, en scooter ou en Uber. Et tous les clichés viennent à bout de nos drames existentiels en général et de notre problème crucial du moment en particulier. C’est pas pour ruiner le printemps mais, en fait, non.

Il y a deux mois, moi, Isa, personnage secondaire en devenir dans le prochain roman de Marianne Levy, que nous appellerons par commodité : Rom Com X (on ne s’emballe pas, cet auteur est une petite joueuse. Elle tourne déjà quinze fois son stylo dans sa poche quand elle utilise le verbe pénétrer et c’est toujours pour parler d’entrer dans une pièce alors son maximum sera sans doute le chapitre consacré au bisou avec la langue. Peut-être d’ailleurs que ce ne sera qu’un smack…), je surgissais ici. Pour lancer un SOS. Un Message in the novel pas uniquement parce que, c’est vrai, j’adoooooore Sting.

Je m’ouvrais à vous sur ma condition terrible des mois à venir durant lesquels je serai à la merci du clavier de Marianne. Si certaines parmi vous ont immédiatement manifesté de la compassion pour mon quotidien (merci & bisous & mojitos à volonté), d’autres ont objecté qu’il y a pire que de vivre avec une fille qui voit la vie en rose.

 

Elle aurait dû écrire un traité sur la vie des scarabées au Nouveau-Mexique ou le système pileux des sex symbol anglais vs les américains.

 

Les secondes, les minutes, les jours, les semaines ont passé, rien ne s’est arrangé. Il n’y a pas pire. C’est effrayant. Et pas seulement pour moi… L’auteure de comédie romantique, comme tous les autres, passe un certain temps à se ronger les ongles, à s’effondrer sur son ordi en jurant qu’on ne l’y reprendra plus, qu’elle aurait dû écrire un traité sur la vie des scarabées au Nouveau-Mexique ou le système pileux des sex symbol anglais vs les américains. Ou sur Einstein, au moins, cela aurait été utile. Mais, contrairement aux autres, quand l’auteure de comédie romantique est en forme, elle se métamorphose en stalker ou fouine en VF. Et, c’est là que je commence à souffrir pour vous.

La fameuse rencontre entre elle & lui. L’héroïne & le héros. Eux que l’on va suivre page après page jusqu’à ce que se produise l’inévitable et qu’ils referment la porte de leur chambre derrière eux pour vivre heureux, avoir beaucoup d’enfants, regarder beaucoup de séries et imprimer à jamais un sourire de béatitude sur notre visage. Parce que c’était eux et parce que c’était nous et qu’on fait des efforts surhumains pour ne pas écouter à leur porte. Cet instant magique du premier regard, je suis au regret de vous dire qu’elle vous l’a piqué à vous.

 

Elle guette le moment magique où les mains se cherchent, s’effleurent avant d’oser rester ensemble. 

 

Moi, Isa, je le sais. Puisque je ne la quitte pas. Quand Marianne se promène dans la rue, le casque sur les oreilles et Nat King Cole qu’elle adooooooore, l’air de rien, elle travaille. C’est quand elle pénètre dans le jardin du Luxembourg que vous devez vous inquiéter. Elle est à la recherche de la naissance du couple d’amoureux idéal. Elle guette le moment magique où les mains se cherchent, s’effleurent avant d’oser rester ensemble. Le moment juste avant le baiser. Quand les regards ne fuient plus. Quand la fusion-acquisition amoureuse devient évidente. Et là, elle me parle à moi. Et me dit : « T’as vu, c’est hyper touchant la manière dont il vient de sourire parce qu’il a caressé sa nuque ? »

Comment ose-t-elle ainsi vivre la vie des autres ? Surtout sans me la faire vivre à moi. Parce que dans Rom Com X, je ne devrais pas vous le dire mais je vous le dit quand même, un garçon sourira parce qu’il vient de caresser la nuque d’une fille. Le même sourire que celui qu’il faisait gamin après avoir raflé le plus beau calot de la cour de récré. Je ne sais pas vous mais cela me met hors de moi.

Je vis dans une #RomCom et c’est un cauchemar

 

 

LE COUP de la bouteille à moitié vide et à moitié pleine, ça fonctionne jusqu’au jour où cela ne marche plus. Et ce jour, c’est aujourd’hui. Saint-Valentin pluvieuse. Saint-Valentin dangereuse. Pour une fille comme moi.

Depuis six mois, je me dis qu’il y a pire dans la vie. Il y a les alcooliques, les droguées, les allergiques au Nutella, les filles qui n’ont jamais pu tenir debout chaussées d’une paire de talons et celles qui bourrées et/ou stones expient leur passion pour le gianduja sur les escarpins à qui elles ont fini par dire oui pour la vie. Et qui risquent de leur en vouloir pour longtemps…

Ça fait du monde. Beaucoup de monde. C’est vrai. Toute cette humanité fragile devrait m’aider à relativiser mon énorme problème à moi. Je m’appelle Isa. Je viens de fêter mes trente ans. Et je dois en profiter car je n’aurais peut-être jamais le plaisir de goûter un succulent cheesecake (seul gâteau autorisé ici) pour mon trente-et-unième anniversaire. Je suis dépendante. Niveau maximal. Littéralement tributaire du cerveau dérangé qui m’a donné le jour.

 

La fille sympa qui ne se fera jamais larguer par Hugh Grant, c’est moi.

 

Pour faire simple et clair, je m’appelle Isa. Et je vis le cauchemar quotidien d’être ce que l’on appelle un personnage secondaire *soupir* *grimace* *shoot de Nutella* *gémissement*. Sur le papier, c’est-à-dire là où je suis censée m’épanouir un jour, c’est absolument le pied. Dans une comédie romantique, un personnage comme moi peut se permettre des trucs que ne ferait jamais un perso principal. Pas de pression – aucune obligation de sourire comme Julia Roberts ou de regarder une autre embrasser professionnellement Colin Firth – juste le fun de repousser toujours plus loin les limites. Sans jamais risquer d’en subir les douloureuses conséquences. La fille sympa qui ne se fera jamais larguer par Hugh Grant, c’est moi.

Mais dans ma vraie fausse vie, l’existence ressemble à un long calvaire. Le cerveau dérangé qui m’a donné le jour m’a déjà rayé sadiquement au moins trois fois de son carnet de notes. Un carnet rose et violet à spirale. Les gens qui la connaissent moins intimement que moi trouvent « trop mignon » le choix de ce carnet. Moi, le seul surnom que j’ai pu lui donner c’est « compil’ de névroses, volume 1 ». Je ne dois pas avoir tout à fait tort, si j’en crois les efforts qu’elle fait pour le planquer et que personne chez elle ne mette la main dessus…

Marianne, le cerveau dérangé c’est elle, va me gommer, m’effacer, me ressusciter, me promouvoir perso principal dans un moment de désespoir, éclater d’un rire limite démoniaque le lendemain en remerciant le saint patron des auteurs qui l’a remise sur le droit chemin et me rétrograder aussi vite, me raconter sa vie sans écouter la mienne, me faire vivre des trucs hardcore tout ça parce que la vérité c’est qu’elle est bien trop lâche pour les tenter elle-même.

 

Et ça va continuer jusqu’à ce qu’un beau jour, elle soupire de plaisir, mette un point final à ce roman.

 

Et ça va continuer, durer, se répéter jusqu’à ce qu’un beau jour, elle soupire de plaisir, mette un point final à ce roman, éteigne son ordi, court au ralenti retrouver ses copines pour fêter la bonne nouvelle, se saoule au Perrier, quitte précipitamment le resto pour retrouver son ordi et relire son texte. Car je suis dépendante mais l’addicte au clavier, c’est elle.

Comme la bouteille est à moitié pleine et que nous vivons dans un monde merveilleux où les personnages peuvent échapper à leur créateur et vivre leur vie dans un anonymat relatif sur internet, j’ai décidé, pour me venger c’est vrai, de vous raconter ici, la vraie histoire vraie de sa prochaine Rom/Com.

C’est très mal, je sais.

Mais, OMG, ça va me faire un bien fou.