Je vis dans une #RomCom avec Friedrich Nietzsche

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TU SAIS que la philosophie peut être une chose effrayante quand tu dois vivre 24/24 dans la tête d’une fille qui, après avoir promis à son éditrice de lui remettre le manuscrit d’une authentique comédie romantique, a répété en boucle « OMG Friedrich ». Surtout, quand le Friedrich en question n’est pas une version germanophone de Hugh Grant (meilleure époque) ni le prénom de son amoureux IRL. Mais un vénérable philosophe allemand du XIXe siècle embarqué malgré lui dans une vie en rose. Monsieur Nietzsche a-t-il vraiment mérité d’être responsable de tout ce qui va m’arriver, hein ?

Tu sais que la philosophie peut être est un ingrédient indispensable à l’accomplissement du miracle dramaturgique – détaillé par Aristote dans son ouvrage intitulé La poétique – quand la fille, qui répète en boucle « OMG Friedrich » l’oeil fiévreux et les doigts collés sur le clavier de son ordinateur, a terminé son nouveau roman.

Tentative (pathétique) en latin & danse de la joie & Aristote 

Tu sais que la philosophie peut donner naissance à une forme incurable de folie quand la fille en question lève un beau jour un poing triomphant vers le ciel et essaye de prévenir en latin Aristote qu’elle vient d’appuyer sur envoyer après avoir rédigé un mail à destination de son éditrice mais que finalement elle se contente d’un yessssssss et d’une danse de la joie car son latin est très rudimentaire et qu’elle ne veut pas se décrédibiliser aux yeux du grand homme. Un grand homme qu’elle a, en plus, un peu trompé avec un autre grand homme pour venir à bout de son texte. « OMG Friedrich ».

Même si tu as conscience que sur l’échelle de Richter, elle est folle, échelon hystérique, la fille, cette succession de constats, n’est pas facile à vivre tous les jours pour une fille comme moi qui vit dans les pages de son manuscrit à elle. Être à la merci d’une psychopathe même néophyte nécessite d’être un animal à sang-froid niveau lézard d’Alaska .

OMG Friedrich & temps à tuer & quotidien compliqué

À trente ans pourtant, on en sait en principe des choses sur la vie. Surtout quand on est comme moi, Isa, un personnage secondaire. C’est-à-dire une fille qui a du temps à tuer et, donc, tout le loisir d’observer les personnages principaux tenter de surnager dans l’océan d’emmerdements que grâce à « OMG Friedrich », l’auteure a eu la capacité d’inventer.

Pour surmonter mon trauma, moi aussi, je me suis remise à la philo. Au cours des six derniers mois, il m’est souvent arrivé d’essayer d’accéder à la sagesse en susurrant « OMG Friedrich » . J’ai découvert plein de choses passionnantes mais, surtout, j’ai compris que j’avais échappé au pire. Friedrich Nietzsche a affirmé un jour : « Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou ». Heureusement que Marianne ne connait pas le mot certitude et qu’elle a flippé magnitude au-delà de l’échelle de Richter au cours des 180 jours qu’il lui a fallu pour donner naissance à son nouveau roman. Sinon « OMG Friedrich »…

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